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Canari : un chantier hors norme pour sécuriser l’ancienne usine d’amiante

Publié le 30 juin 2026

À flanc de montagne, face à la Méditerranée, l’ancienne usine d’amiante de Canari a vécu ses dernières heures. Menée par les équipes de Cardem Alpes-Méditerranée, de l’agence Provence-Corse de Terélian et Botte Fondations en phase d’études, cette opération de sécurisation compte parmi les chantiers de déconstruction et de dépollution les plus complexes jamais réalisés en Europe.

Exploitée de 1948 à 1965 par la Société Minière de l’Amiante (SMA), l’usine de Canari transformait les fibres extraites du principal gisement d’amiante de France. Après sa fermeture, le site est resté à l’abandon pendant plusieurs décennies.

Implantée sur un relief instable, en surplomb direct de la route territoriale RT80 – dont la fermeture est impossible – et de la mer Tyrrhénienne, cette ancienne friche industrielle présente des contraintes exceptionnelles qui font de ce chantier un projet sans équivalent en Europe.

Depuis septembre 2025, les équipes de Cardem et de Terélian étaient mobilisées avec un objectif clair : sécuriser durablement le site tout en empêchant toute dispersion de fibres d’amiante. Entre 10 et 15 compagnons se sont relayés quotidiennement dans le respect de protocoles de sécurité particulièrement exigeants : brumisation renforcée pour capter les poussières, recyclage et contrôle des eaux, surveillance permanente de l’empoussièrement et arrêt immédiat des travaux lorsque les vents dépassaient les seuils réglementaires.

Au-delà de la déconstruction des bâtiments, le chantier comprenait également d’importants travaux de terrassement, la réalisation d’ouvrages de protection le long de la RT80 et le remodelage progressif du relief afin de stabiliser durablement les terrains.

Pour répondre aux contraintes du site, une unité de décontamination unique en France a été spécialement installée. Les installations de la base vie ont été, quant à elles, alimentées par des panneaux photovoltaïques afin de limiter l’empreinte énergétique des opérations.

À l’été 2026, les travaux de sécurisation toucheront à leur fin avant de laisser place, à l’automne, à une ultime étape : la revégétalisation du site. L’objectif est double : réintégrer durablement cette ancienne friche dans son environnement naturel et prévenir tout risque futur de dispersion de fibres.

Au-delà de sa dimension technique, le projet de Canari revêt une forte portée patrimoniale et humaine. En refermant cette parenthèse industrielle qui a profondément marqué le Cap Corse, les équipes de Cardem et de Terélian contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire du site.